L’utilisation
de la carte postale illustrée pré imprimée par le grand magasin parisien
"Aux Galeries Lafayette" pour sa correspondance commerciale entre
1923 et 1940
Introduction
Ce blog s'inscrit dans une démarche "cartophilatélique", pour utiliser ce terme, ayant pour objet de décrire la façon dont ce grand magasin parisien a utilisé pour sa correspondance commerciale des "cartes postales illustrées pré imprimées" entre 1923 et 1940. Le sujet est vaste et complexe à traiter, les informations sur cette pratique sont rares ou peu disponibles, c’est donc avec prudence que ce sujet sera abordé en s’appuyant sur les éléments que nous possédons et les recherches effectuées sur le net. Bien sûr des erreurs ou pour le moins des omissions pourraient être relevées dans cet article. Nous restons bien entendu preneurs d’informations ou corrections afin de rectifier à tout moment les affirmations ou les hypothèses avancées sur le sujet traité. Cet article ne recèle pas de "scoop", ni de pièces rares, tous les documents présentés sont, à l’exception de quelques-uns, relativement faciles à se procurer sur les sites de vente, il faut plutôt le lire comme un catalogue inventoriant les cartes postales illustrées pré imprimées (CPI PI) ainsi que leurs modes d’affranchissements durant cette période "d’entre les deux guerres".
A : La carte postale illustrée pré imprimée destinée à la correspondance commerciale des Galeries Lafayette
Gravure montrant les Galeries Lafayette au croisement du Boulevard Haussmann, de la rue de la Chaussée d’Antin et de la rue Lafayette ; document illustrant les catalogues de ventes au début du 20e siècle
1 : Comment se présentait ces cartes postales
Figure 1 : CPI PI avec leur
illustration au verso et leur texte pré imprimé au recto
Dans ces cartes postales adressées à leur clientèle par des établissements commerciaux comme les Galeries Lafayette, il faut distinguer : les cartes postales au verso totalement illustré et au recto réservé à la correspondance et à l’adresse du destinataire (CPI : figure1) des cartes postales ordinaires (CPO : fig. 2) au verso comportant en place d’une illustration un texte imprimé complété le plus souvent de façon manuscrite, le recto non divisé étant lui réservé à l'adresse du destinataire et aux coordonnées de l'expéditeur. Cette discrimination entre CPI et CPO voulue par l’administration postale reposait en particulier sur l’utilisation différenciée du recto et du verso ; elle a eu sur la période de juillet 1922 à juillet 1925 des conséquences tarifaires. En effet, la taxe d’affranchissement pour la CPO a été porté à 20 cts en juillet 22 pour seulement 10 cts puis 15 cts pour la CPI sans limitation de texte. Ce distinguo disparaitra avec la loi de finance du 13 juillet 25 qui précise que "les taxes et conditions d’admission des cartes postales illustrées sont les mêmes que celles des cartes postales ordinaires". Il s’en suivra logiquement l’application d’une taxe d'affranchissement de même valeur à 20 cts pour CPI et CPO à partir du 16 juillet 1925.
Comme pour d'autres grands magasins parisiens, l’utilisation des CPO par les Galeries Lafayette reste difficile à quantifié, ces cartes non illustrées n’ayant été que peu conservées par les destinataires contrairement aux cartes illustrées souvent «placées en album». Il reste néanmoins plus que probable que les CPI PI ont été très majoritairement utilisées pour la correspondance commerciale «ouvertes», ne serait-ce que pour réaliser entre janvier/février 1923 et juillet 25 une économie d’affranchissement de 10cts et 5cts par carte. De surcroit, ces CPO étaient le plus souvent destinées à la transmission d’informations commerciales plus spécifiques (avis de (re)présentation de colis, relations entre fournisseurs, réclamations…) et par conséquent moins usuelles que les CPI PI porteuses d’une information plus normalisée adressées à l’ensemble de sa clientèle comme les avis d’expédition de colis ou de réception de commande.
Figure 2
A gauche carte postale ordinaire (CPO) avec
recto non divisé comportant l’adresse du destinataire et de l’expéditeur avec
texte dactylographié et manuscrit au verso sans illustration, carte affranchie
à 55 cts par "une Havas" de type C
A droite carte postale illustrée pré imprimée (CPI PI) avec recto divisé comportant l’adresse du destinataire et le texte pré imprimé complété de façon manuscrit, le verso étant lui totalement illustré ; carte affranchie au tarif à 15 cts (tarif de la CPI sur cette période) alors qu’une une CPO sur cette même période aurait dû être affranchie à 20cts .
2 : Plusieurs facteurs ont inciter des établissements comme Les Galeries Lafayette à utiliser ces CPI PI pour leur correspondance commerciale.
Au début des années 20, la modification des tarifs
postaux dans le régime intérieur a eu pour effet d’accentuer l'écart tarifaire
entre la lettre simple et la "carte postale illustrée" (CPI). Cet
écart n’a pu qu’inciter des établissements comme les Galeries Lafayette
pratiquant la vente par correspondance à réduire les envois de courriers
tarifés en lettre simple pour les remplacer par des CPI pré imprimées
affranchies à un tarif inférieur. En effet, entre la fin du 19e
siècle et le tout début de l’années 1920, la différence de tarif pour
l’affranchissement de ces deux supports, la lettre simple et la carte postale
illustrée sans limitation de texte, ne dépassait pas les 5 centimes quand il
n’était pas de valeur égale. Ce sont les nouveaux tarifs du 14 juillet 1922
(Loi de finance du 30 juin 1922) qui ont notablement accentué cet écart de
tarification, la lettre simple restant au tarif du 1er avril 1920 à 25 centimes
alors que la CPI sans limitation de texte passait de 20 centimes à 10
centimes, soit à partir de cette date un écart de 15 centimes. Sans trop
rentrer dans l’historique des tarifs postaux, cet écart de tarification entre
ces deux supports, la lettre simple et la CPI perdurera en
"naviguant" de plus 5 cts à plus 15 cts et même plus 20 cts avec le
tarif du 17 novembre 1938 (Décret ministériel du 12 novembre 1938). Si ce n’est
pas la seule raison, l’utilisation massive de la CPI PI à partir de janvier 23
"boostée" par les ventes en forte progression sur ces premières
décades du 20e siècle a donné à ce grand magasin parisien
l’opportunité de réaliser une économie non négligeable sur les coûts
d’affranchissement. Ces correspondances informant les acheteurs de la suite
donnée à leur commande comme le délai de livraison ou la disponibilité du produit
pouvaient probablement dépasser en période de pointe plusieurs centaines
d’envois journaliers ; à raison d’un gain de 10/15 cts par courrier, la somme
économisée était loin d’être négligeable.
Le second facteur déterminant a pu être celui du
message publicitaire "gratuit" que ces correspondances ouvertes
pouvaient véhiculer auprès de sa clientèle. En plus de cette économie permise par les nouveaux
tarifs postaux de juillet 1922, cette correspondance ouverte sous la forme
d’une carte postale illustrée a permis une forme de publicité "à bon
compte" en montrant, entre autres, sur son verso les rues de Paris proches
des "Galléries", rues animées par une foultitude de véhicules et de
chalands dont la destination ne pouvait être que
ce grand magasin. D’autres "versos" montrent les réalisations de
l’atelier d'art décoratif "La Maîtrise" fondé par les Galeries en
1921. Autant de choses qu’une correspondance fermée sous enveloppe voire
une CPO sans illustration au verso ou de façon très réduite, le plus souvent
non conservées par le destinataire, ne pouvaient permettre. Il est indéniable
que cette "stratégie publicitaire" portée par la multitude de cartes
illustrées expédiées aux quatre coins de
la France par "Les Galeries" n’a pu être que profitable à ce grand magasin
parisien.
Un troisième élément pourrait être retenu pour expliquer ce passage de la lettre à la CPI PI au début des années 20. Il pourrait tout simplement s’agir de la commodité à remplir, affranchir et expédier ce type de correspondance commerciale destinée à informer en quelques mots les acheteurs sur le traitement de leur commande. En effet, pas d’enveloppe à manipuler dans laquelle il fallait glisser en le pliant un document comportant un texte imprimé pré rédigé à compléter le plus souvent de façon manuscrite avant de fermer l'enveloppe en collant le rabat et même si l’utilisation de cette dernière restera la norme, entre autres pour l’expédition de facture ou d’échantillon (fig. 4 gauche). Il est très probable que la manipulation plus simple et plus rapide de ces cartes n’a pu que privilégier ce support (fig. 4 droite).
Figure 4 : à gauche une lettre contenant une information
"spécifique" (envoi contre remboursement d’une commande déjà réglée)
impliquant l’usage de la lettre simple fermée affranchie à 65 cts ; à
droite une CPI PI porteuse d’une information "normalisée" comme (avis
d’expédition de colis différée), carte affranchie à 55 cts.
3
: Les illustrations au verso des CPI PI utilisées par Les Galeries Lafayette
pour sa correspondance commerciale
3.1
: Les cartes illustrées par des photographies de rues proches des "Galeries"
Seulement 5 "vue de Paris" du tout début des années 1920 ont été utilisées par les Galeries Lafayette pour illustrer leur CPI PI (fig. 5) ; elles montrent des rues "animées" situées au plus près de l’imposante surface immobilière occupée par ce grand magasin parisien. C’est en particulier celle présentant l’entrée principale des "Galeries" vue de l’angle de la rue Lafayette et de la Chaussée d’Antin qui semble avoir été la plus expédiée à sa clientèle. Ces 5 cartes ne semblent pas avoir été produites par un éditeur connu sur la "place de Paris", elles ont été très probablement produites à la demande des "Galeries" dans les années 20 ; ce grand magasin devait alors en avoir l’exclusivité en les destinant seulement à la correspondance commerciale puisque toujours pourvues coté recto de leur texte "d’information normalisée" (fig. 9). Ces cartes ne semblent ne pas avoir été vendues avec un recto vierge pouvant alors servir à une correspondance privée contrairement à celles du Bon Marché ou encore de La Samaritaine. Les premières date d’utilisation de ces CPI PI se situeraient au tout début de l’année 1923 (meilleur date : 15 février 23), elles perdureront avec la même illustration jusqu’en 1939 (date la plus tardive observée : juillet 39), soit à minima 16 ans d’utilisation sans modification d'une l’illustration datant des années 1920. On était plutôt "conservateur" aux Galeries sur cette période…
Figure 5 : illustrations des versos des
CPI PI par des rue de Paris vers 1920, rues situées au plus près des
« Galeries » comme les rues Lafayette, Halevy, Glûck ou Scribe.
3.2
: Les cartes illustrées par les réalisations de l’atelier d’art "La
Maitrise"
La série suivante de 3 cartes apparait en 1935,
elles montrent un ensemble de meubles, buffet, table et bureau crée par l’atelier
d’art "La Maitrise" ouvert
par les Galeries Lafayette au début des années 20. Ces illustrations seront
utilisées entre le milieu et la fin des années 30.
Figure 6 : réalisations de l’atelier d’art "La Maitrise" crée par les Galeries Lafayette au début des années 20
3.3
: Les cartes illustrées par des produits "promotionnés"
Trois cartes publicitaires illustrées par des produits "promotionnés" se rencontrent entre 1925 et le début des années 30 (figure 6). Elles proposent à la vente de la lingerie, des parfums ou encore de l’eau de Cologne avec comme slogan publicitaire repris à l’identique sur ces 3 cartes : "Maison vendant le meilleur marché de tout Paris". C’est vrai qu’aux Galeries Lafayette on se voulait de pratiquer les prix les plus bas possibles… Pour le moins elles le faisaient savoir avec un slogan qui à lui tout seul identifiait depuis des décennies cet établissement commercial.
Figure
6 :
4 : Les textes pré imprimés dans la partie correspondance de la carte postale illustrée
Les
textes pré imprimés dans la partie correspondance de la CPI (figure 7) avait
pour objet d’informer les acheteurs sur l’état d’avancement de leur commande ou
en accusaient la réception ou encore indiquait un retard dans la livraison
entre autres pour rupture de stock. Ils pouvaient aussi notifier au
destinataire la prise en compte par les Galeries Lafayette d’une réclamation et
de la suite qui y sera donnée. Tous ces textes pré imprimés à l’information "normalisée"
étaient complétés de façon manuscrite ou dactylographique dans des espaces réservés
(n° de dossier, date de réception de commande ou d’expédition de colis...) ;
dans certain cas peu courant l’information pouvait être entièrement manuscrite
ou dactylographiée, le texte près imprimé ayant pratiquement disparu hormis le
n° de dossier, la date d’expédition, le n° de registre du commerce. A
contrario, certaines cartes ne comportaient aucun ajout, seul le texte pré
imprimé apparait dans la partie correspondance du recto.
Tous ces textes pré imprimés nombreux et variés (surement plusieurs dizaines) portaient le plus souvent en bas à gauche une numérotation pour en faciliter la recherche par le "chargé d’expédition" qui devait, dans des casiers prévus à cet effet, "dénicher" la bonne carte à adresser au destinataire.
Figure 7 : textes pré imprimés au recto de la carte portant une information "normalisés" mais aussi le n° de registre du commerce (RCS), téléphone et surtout l’identité de l’expéditeur à l’exception des 6 cartes illustrées par "les créations de la Maitrise" (en bas à droite de la figure 7) et "publicitaires" sur lesquelles l’identité de l’expéditeur "Aux Galeries Lafayette" apparait au verso.
Il parait évident que ces CPI PI ont dû largement participer à alléger la charge de travail assignée au service correspondance de ce grand magasin parisien, service qui mobilisait de nombreux personnels pour traiter les innombrables courriers commerciaux que devait poster chaque jour les Galeries Lafayette.
B : L’affranchissement des cartes postales illustrées pré imprimées par timbre mobile
L’affranchissement avant expédition de ces
correspondances commerciales constituait à lui seul une charge de travail
conséquente pour cette entreprise de vente par correspondance. La simple
nécessité de s’assurer que la taxe d’affranchissement était la bonne au regard
des tarifs postaux de l’époque comme ceux appliqués à la lettre simple ou
double ou encore aux CPI/CPO, aux envois d'échantillons, voire aux imprimés, réclamait
à elle seule une vrai attention de la part du personnel chargé de cette
mission.
Contrairement à des grands magasins comme le Bon Marché ou la Samaritaine, cette structure de vente par correspondance ne s’est pas dotée de machine à affranchir de type "Poko" (Portokontroll Kasse Poko) capable de traiter plusieurs milliers de courriers à l’heure ou possiblement d’une machine portative manœuvrée manuellement mais d’un rendement faible de type "Multipost" [7] et par conséquent n’a pas utilisé de timbres issus de roulette qu’ils soient d’origine privé ou émis par La Poste (voir article précédents). Il faut par conséquent en déduire que les figurines étaient apposés sur les correspondances manuellement en passant la timbre sur une éponge humide.
En fait, ce qui différencie ce grand magasin des autres structures analogues est l’utilisation de timbres perforés de façon quasi systématique et même s’ils s’observent de temps à autre des figurines non perforées. Trois types de perforation sont signalés par l’ANCOPER (Association Nationale des Collectionneurs de Timbres Perforés) [12] ; celle qui se rencontre sur cette période d’utilisation des CPI PI est la GL 82 du catalogue de 1984 avec le L et G à 7 et 11 perforations, elle a été utilisée entre 1927 et 1954 (fig. 8/9). Les Galeries Lafayette n’ayant pas utilisées de machine de type "POKO" perforant les timbres de roulette avant de les apposer sur la correspondance, il faut sans doute en déduire que la perforation s’effectuait à la presse, possiblement celles de la firme M. Sitter de Colmar [12].
Figure
8 : perforation la plus usuelle rencontrée sur les CPI PI des Galeries
Lafayette (n° 82 du catalogue de 1984 de l’ANCOPER) avec le G et L à 11 et 7
perforations ; perforation utilisée entre 1927 et 1954 orientée nord/sud
Figure 9 : perforations moins usuelles orientées sud/nord sur 10 cts Pasteur (170) et ouest/est sur 40 cts Paix (281)
Les
affranchissements de ces CPI PI par les Galeries Lafayette s’effectuent indifféremment
coté verso comme coté recto, le timbre étant positionné autant verticalement
qu’horizontalement voir tête en bas et souvent en biais. C'est le plus souvent le signe d’un collage
manuel des figurines sur les correspondances sans attention particulière, en
quelque sorte "à la va vite sans y passer trop de temps". Rappelons que
l'administration postale ne faisait que recommander l’affranchissement au
recto sans pour autant taxer ces correspondances lorsque le timbre était apposé
au verso (Ar. Minist. du 31 juillet 1906 - instruction n° 610 de sept. 06)
1
: Les affranchissements au tarif à 10 cts de la période : 14 juillet 1922 au 24
mars1924 (Loi de finance du 30-03-1922)
Les premières cartes apparues début 23 ont été affranchies à 10 cts, tarif du 14 juillet 1922 pour la carte postale illustrée sans limitation de texte (CPI + 5 mots). C’est principalement le timbre à 10 cts vert de la semeuse au type1B (159A) (figure 10), premier timbre imprimé par rotative et vendu par feuille de 100 figurines (2 clichés de 50 timbres sans pont inter galvano), qui a été utilisé pour affranchir ces cartes. Sur cette période d’affranchissement, des 10 cts semeuse rouge au type 1A (138) retiré de la vente en décembre 1922 se rencontrent de temps à autre sur ces documents mais sans commune mesure avec la semeuse 10 cts vert au type I B. Nous n’avons pas, à ce jour, observé de 10 cts vert au type 1A (159) issu de l’impression à plat (feuille de 150 figurines) vendues jusqu’en décembre 1923. Ce grand magasin parisien a manifestement privilégié l’achat de timbres en feuille de 100 issus de l’impression rotative vendue dès mars 22. La raison pourrait être liée à la commodité à les perforer à la presse (G.L), les feuilles de 150 du type I A étant contrairement aux feuilles de 100 pourvues de ponts inter galvano, pont rendant les opérations de perforation moins aisées. Mais ça reste une hypothèse.
Figure 10 : Tout début de l’utilisation
des CPI pré imprimées par les Galeries Lafayette avec son affranchissement à 10
cts par la semeuse 159 au type 1B (oblitération du15 février 1923), les
flèches indiquent les principales caractéristiques de ce type 1B "rotatif".
Le 10 cts type III également issu de l’impression rotative ne semble pas avoir été utilisé par les Galeries durant cette période d’affranchissement alors que la date de mise en vente donnée par différents auteurs se situerait en mai 1923. Il est vrai aussi que cette date de mai 23 est aujourd'hui remise en question sur les forums philatéliques, elle pourrait en fait être beaucoup plus tardive, voir : https://collections.forumgratuit.org/t19847-interrogation-sur-l-utilisation-du-159-t3#google_vignette
Mais aussi :
Le 10 cts vert Pasteur au type I (figure
11) vendu en feuille de 100 issue de l’impression rotative se rencontre
également mais beaucoup plus marginalement que la semeuse verte (159 type I B).
Ce 10 cts Pasteur ne s’observe pas sur ces CPI PI au type II des carnets, mais
comme souvent pour ces structures commerciales, les timbres présentés en carnet
n’ont été que très peu utilisés, surement pour des raisons de commodité, en
particulier pour ce grand magasin qui perforait ses figurines.
Figure
11 : 10 cts vert Pasteur (170 type I) issu des feuilles de 100 figurines de
l’impression rotative en affranchissement coté verso d’une CPI PI le 7
juillet 23
2 : Les affranchissements au tarif à 15 cts de la période : 25 mars 1924 au 15 juillet 1925 (Loi du 22-03-1924)
Sur cette
période d’affranchissement, seulement deux timbres à 15 cts (fig. 12) ont été
utilisés par les Galeries Lafayette sur les CPI PI : le 15 cts semeuse lignée type
IV (130 C) issue de l’impression à plat et le 15 cts Pasteur (171) issu de
l’impression rotative (171) et comme pour les timbres précédents sans utilisation
de figurine issue de roulette ou encore de carnet.
Figure
12 : à gauche affranchissement par 15 cts semeuse lignée type IV (130 C) ;
à droite affranchissement par 15 cts Pasteur (171) ; perforation partielle
sur le 15 cts semeuse (G sans le L), complète sur le 15 cts Pasteur (G et L
séparés par un point)
3
: Les affranchissements au tarif à 20 cts de la période : 16 juillet 1925 au 30
avril 1926 (Loi du 13-07-1925)
Nous n’avons rencontré que deux affranchissements sur cette période (fig. 13) : le 20 cts semeuse brun rouge (139A) type III rotatif et le 10 cts semeuse vert (159C) type III également issu de l’impression rotative. Comme pour la Samaritaine ou encore le Bon Marché ces affranchissements en multiple peu courant sur ces correspondances commerciales se rencontre principalement sur cette période de juillet/aout 25, elle pourrait s’expliquer par une possible difficulté à s’approvisionner en 20 cts semeuse brun rouge consécutif au changement de tarif de juillet 25 (voir article sur Samaritaine et Bon Marché)
Figure
13 : à gauche carte affranchie par le 20 cts brun rouge type III (139A) le
31 décembre 25 ; à droite par une paire du 10 cts vert semeuse type III
(159C) le 28 aout 1925
4 : Les affranchissements au tarif à 30 cts de la
période : 1er Mai 1926 au 8 août 1926 (Loi du 29 avril 1926)
Un seul affranchissement rencontré à ce jour sur cette période (sans d’illustration) : le 30 cts semeuse bleu type IIA (192), comme pour les autres valeurs, pas d’utilisation de timbre de roulette ou encore de carnet.
5 :
Les affranchissements au tarif à 40 cts de la période : 9 août 1926 au 11
juillet 1937 (Loi de finance du 03/08/1926 et suivantes)
Figure 14 : carte de gauche affranchie par un 40 cts semeuse brun olive (193) type I de feuille de 150 issue de l’impression à plat ; carte de droite affranchie le 9/12/29 par un 40 cts outremer (237) type II de feuille de 100 issue de l’impression rotative ; perforation N/S décalée ( G de galeries absent)
Mais aussi…
L’utilisation d’un timbre commémoratif alors que les Galeries était déjà équipées de machines à affranchir (EMA) et les utilisaient quasi systématiquement sur ses cartes commerciales. Peut-être ici, avec cette "Marseillaise", la volonté de participer à l’élan national durant cette période des plus inquiétantes de réarmement à l'est...
Figure
15 : carte affranchie par un timbre commémoratif (La Marseillaise 314)
D :
L’affranchissement des cartes postales illustrées pré imprimées par Empreintes
de Machine à Affranchir (EMA)
1 : La période EMA de 1925 à 1940
Les Galeries Lafayette se sont équipées en dès 1925 de machines à affranchir EMA (Empreinte de Machine à Affranchir). Cette dernière se substituait aux timbres mobiles par une impression en rouge comme visible ci-dessous (fig.16). Deux types de machine ont été utilisées par ce grand magasin pour affranchir sur cette période leur CPI PI : Les machines de type A "à valeur unique" et de type C "à valeurs multiples", machines louées par les Galeries à la société Havas conventionnée par l’administration des postes (Loi de finances du 30 juin 1923). Ce magasin a été précurseur dans l’emploi de ce matériel en s’équipant dès 1925 de ces EMA (meilleur date sur carte : 11 juin 1925) dont la premières empreintes apparaissent en France en mai 24 mais se généraliseront surtout en 1925. Les machines Havas au type B ne semblent pas avoir été utilisées par les "Galeries", du moins pas à l'affranchissement des CPI PI sur cette période.
Les machines de type A imprimaient (fig16) dans un bloc rectangulaire, "l’estampille" ou "vignette", un contour dentelé, les mots "République Française" et "Postes" ainsi que la valeur d’affranchissement associée à un "matricule". Plus à gauche en dehors de "l’estampille", le numéro de "l’établissement postal d’attache", (Paris 9 en chiffre arabe : probable dépôt des plis au bureau de la rue Hippolyte Lebas en juin 1923 puis Paris XIV en chiffre romains pour un dépôt des plis au bureau de l’avenue d’Orléans à partir de juillet 1923) suivi de la date de dépôt des correspondances ainsi qu’un "espace" comblé par 5 lignes ondulées ou un slogan publicitaire identifiant l’utilisateur de la machine, (contrairement au B.M. pas de publicité utilisé par les Galeries sur ces documents). Pour les machines de type C à "3 ou 4 chiffres" (machines qui apparaissent avec l’affranchissement à 40 cts au tout début des années 30), une numérotation de la correspondance et 3 lignes ondulées supplémentaires sont ajoutées à l’empreinte de la machine de type A (fig. 16) (*).
(*) Pour plus d’informations sur ces machines à affranchir se reporter aux publications référencées en biblio [1-12-13]
Figure
16
Carte de gauche : affranchissement par une EMA de
type A à main et "à valeur unique" utilisée sur ces documents entre
juin 1925 et le tout début 1930
Flèches 1 : taxe (valeur) d’affranchissement à 20 centimes, tarif de la carte postale
illustrée à cette date ; 2 : matricule de l’EMA (A 0160) ; 3 : date
de dépôt de la correspondance à l'établissement postal d'attache (19 novembre 1926) ; 4 : indication sur
l’établissement postal d’attache : Paris 14 ; 5 : espace publicitaire ici
rempli par 5 lignes ondulées
Carte
de droite : affranchissement par une EMA de
type C à main et "à valeurs multiples" (type C3 à capacité
d’affranchissement à 3 chiffres) avec empreinte de 10 cm.
Flèches 1 : taxe (valeur) d’affranchissement à 40 centimes, tarif de la carte postale illustrée à cette date ; 2 : matricule de l’EMA (C.0110) ; 3 : numérotation comptabilisant les courriers expédiés ; 4 : indication sur l’établissement postal d’attache : Paris XIV ; 5 : date de dépôt de la correspondance à l'établissement postal d'attache ; 6 : espace publicitaire, ici rempli par 8 lignes ondulées
2) Les machines de type A
Pour affranchir ces cartes commerciales ce grand
magasin "Aux Galeries Lafayette" a utilisé entre mai/juin 1925 et la
toute fin de cette décennie une machine de type A à "valeur unique" manœuvrée manuellement (fig.17/18). Cette (ces)
machine(s) "Havas" présentait des "estampilles" portant des valeurs différentes : 15
cts, 20 cts, 30 cts et 40 cts immatriculée A 0159, A 0160 et A 0161. Les
estampilles aux valeurs à 15 cts et 30 cts portaient la matricule A 0161, la
valeur à 20 cts le matricule A 0160 et la valeur à 40 cts le A 0159. Plusieurs de
ces empreintes comme le A 0159 et A 0161 se rencontrent également sur lettre
avec les valeurs correspondant au tarif de ces correspondances (25 cts ou 50 cts)
(fig 21). Comme rappelé dans la publication de Laurent Bonnefoy et Luc Guillard
[1-12-13] : "à chaque
changement de tarif un nouveau cliché comportant la nouvelle valeur est
installé gratuitement" installation réalisée par la société de
location de la machine, dans le cas présent l’agence Havas ou l’une de ses
filiales. Il faut sans doute en déduire que changer la valeur
d’affranchissement par dépose du "cliché" à l’ancienne valeur pour
le remplacer par le nouveau portant la
valeur demandée par l’utilisateur ne passait pas par un changement/déplacement de machine, cette dernière devait surement rester en place chez son utilisateur.
Figure 17 : empreintes au type A produites par une machine à "valeurs unique" manœuvrée manuellement, estampilles immatriculées A 0161 et A 0160 avec valeur d’affranchissement à 15 cts le 11 juin 1925 et 20 cts le 19 novembre 1926
Figure
18 : empreintes au type A produites par une machine à "valeurs
unique" manœuvrée manuellement, estampilles immatriculées A 0161 et A 0159
avec valeur d’affranchissement à 30 cts le 12 mai 1926 et 40 cts le 16 octobre
1928
3) Les machines de type C
Une empreinte au type C produite par une machine à main
"d’une capacité d’affranchissement à
trois chiffres" [1-12] (C 0110) et deux
empreintes "d’une capacité
d’affranchissement à quatre chiffres" [1-12] (C 0111 et C 02028) apparaissent sur ces CPI PI au tout début des années 1930, (possiblement fin 29) : (fig. 19/20). Ces empreintes au type C se
différencient (entre autres) de celle au type A par la présence dans l’espace
publicitaire de 8 lignes ondulées (5 pour la type A) et d’une numérotation de l'empreinte.
Figure 19 : empreintes au type C produites par une machine à "valeurs multiples d’une capacité d’affranchissement à trois chiffres" manœuvrée manuellement, estampille immatriculée C 0110 avec valeur d’affranchissement à 40 cts le 10 décembre 36 et 55 cts le 26 novembre 37
Figure 20 : empreintes au type C produites par une machine "à valeurs multiples d’une capacité d’affranchissement à quatre chiffres" manœuvrée manuellement, estampilles immatriculées C 0111 et C 2028 avec valeur d’affranchissement à 40 cts le 12 novembre 31 et 70 cts le 19 juillet 39. Sur cette dernière empreinte la numérotation est absente, cette absence semble s’observer sur tous les documents affranchis avec " cette C 2028" .
Figure 21 : comme pour les empreintes de type A "à valeur unique" (A 0159 et A 0161) Ces types C "à valeurs multiples" C 0110/C 2028 se rencontrent sur d’autres correspondances comme la lettre simple
Nous
n’avons pas rencontré d’affranchissement par EMA au type C au tarif à 80 cts couvrant
la période du 1e décembre 39 au 4 janvier 42, possiblement lié à un
défaut de prospection même si la déclaration de guerre de la France à
l’Allemagne le 3 septembre 1939 a dû faire considérablement chuter les ventes
et par conséquents les expéditions de cartes commerciales.
Nous n’avons pas non plus observé sur cette période de machine entrainée électriquement : "empreinte plus courte de 3 cm" [1], mais là aussi possiblement par insuffisance de prospection.
4) Machine de "remplacement"
Des machines de "dépannage" ou machines de "secours" sans bureau de rattachement sont observées sur ces CPI PI comme cette WA 0019 ou encore cette C W024 (fig.20) et surement d’autres. Doit-on en déduire que ces Havas était peu fiable ? Peu probable, il faut nécessairement corréler ces "pannes" à l’utilisation intensive de ces EMA ; pannes qui pouvaient aussi correspondre à de simples entretiens immobilisant ces machines durant quelques jours et possiblement remplacées par une WA 0… ou CW.0...
Figure 20 : machine dite de dépannage ou de
secours au type 3 C à quatre chiffres immatriculée C W024 sans bureau de
rattachement
5)
Timbres mobiles encore utilisés lors de
la période EMA
Des timbres mobiles sont toujours utilisés en
parallèle de l'EMA C. 0283 sur ces cartes commerciales comme "La
Marseillaise" (314). Ces affranchissements sont peu courants sur CPI PI
mais semble-t-il plus régulier sur correspondance fermée.
Sommaire
L’utilisation
de la carte postale illustrée par le grand magasin parisien "Aux Galeries
Lafayette" pour sa correspondance commerciale
Introduction
A : La carte postale illustrée destinée à la
correspondance commerciale
1 : Comment se présentait ces cartes
postales illustrées destinées à la correspondance commerciale de ce grand
magasin
2 : Plusieurs facteurs ont dû inciter
des établissements comme Les Galeries Lafayette à utiliser ces CPI PI dans leur
correspondance commerciale.
3 : Les illustrations au verso des
CPI PI utilisées par Les Galeries Lafayette pour sa correspondance commerciale
3.1 : Les cartes illustrées
par des rues proches des "Galeries"
3.2 : Les cartes illustrées par les réalisations de l’atelier d’art
"La Maitrise"
3.3 : Les cartes illustrées par des produits "promotionnés"
4 : Les textes pré imprimés dans
la partie correspondance de la carte postale illustrée
B
: L’affranchissement des cartes postales illustrées pré imprimées par timbre
mobile
1 : Les affranchissements au tarif à 10
cts de la période : 14 juillet 1922 au 24 mars1924 (Loi de finance du 30-03-1922)
2 : Les affranchissements au tarif à 15
cts de la période : 25 mars 1924 au 15 juillet 1925 (Loi de finance du 22-03-1924)
3 : Les affranchissements au tarif à 20
cts de la période : 16 juillet 1925 au 30 avril 1926 (Loi de finance du 13-07-1925)
4 : Les affranchissements au tarif à 30
cts de la période : 1er Mai 1926 au 8 août 1926 (Loi de finance du 29
avril 1926)
5 : Les affranchissements au
tarif à 40 cts de la période : 9 août 1926 au 11 juillet 1937 (Loi de finance du
03/08/1926 et suivantes - Dt. 05/08/1926 et suivants)
C
: L’affranchissement des cartes postales illustrées pré imprimées par
Empreintes de Machine à Affranchir (EMA)
1 : La période EMA de 1931 à 1940
2 : Les machines de type A
3 : Les machines de type C
4 : Machine de remplacement
5 : Timbres mobiles utilisés
lors de la période EMA
biblio (à compléter)
[1]
Les Empreintes de machine à affranchir de Laurent Bonnefoy et Luc Guillard.
Auteur(s) aux éditions : Les Feuilles Marcophiles, supplément n° 303 ;
2000
[2]
Spécialisé France "Les Roulettes" par P. Broutine et al
[3]
Catalogue "Mariannes" 84/85 catalogue général
[4]
"Les Tarifs Postaux Français 1627-1969" par Dr R. Joany et al
[5]
"Catalogue des timbres de France seuls sur lettre 1849-1960" par R.
Baillargeat
[6]
Blog Semeuse 13 (https://semeuse.blogspot.com/)
[7]
Blog "JLR" sur les timbres de roulette (https://philatelie-roulette.blogspot.com/)
[8]
Publication de Jean-François Estel : "Tarifs réduits de la carte
postale illustrée dans le régime intérieur français entre avril 1920 et juillet
1925" (https://www.calameo.com/read/006650941ac10c8fb46c2)
[9]
Publication de Jean-Pierre Mayeur : "Cartes postales illustrées ou
imprimé ? ",
Documents Philatéliques n° 110, oct. 1986
[10]
CARTES POSTALES : "Réglementation et tarifs postaux du 15 janvier 1873 au
3 août 1914" par Jean-Louis
Bourgouin
[11] "Catalogue des timbres
perforés France et Colonies" par R. DEDECKER M.HERBERT R. JANOT,
publication de l’ANCOPER 1984
[12] 1924, les débutes des machines à
affranchir en France par Laurent Bonnefoy…
[13] https://unionmarcophile.fr/wp-content/uploads/2024/07/2024_03_23_GUILLARD_LA-MA-DE-PARTICULIER-UTILISEE-EN-FRANCE-FETE-SES-100-ANS.pdf
[14] nomenclature timbres :
Catalogue Cérès France
Sites ou blogs visités
1) https://philatelie-roulette.blogspot.com/
2) https://semeuse.blogspot.com/
3) http://www.semeuses.com/138_recon_type.html
4) https://semeuse22.blogspot.com/
5) https://collections.forumgratuit.org/forum
6)https://unionmarcophile.fr/wpcontent/uploads/2024/07/2024_03_23_GUILLARD_LA-MA-DE-PARTICULIER-UTILISEE-EN-FRANCE-FETE-SES-100-ANS.pdf
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à faire des remarques sur cet article…
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Adresse du blog :
"Les cartes postales pré imprimées
dans la correspondance commerciale des grands magasins parisiens" (https://phila-carto.blogspot.com/)























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