L’utilisation de la carte postale illustrée pré imprimée par le grand magasin parisien "La Samaritaine" pour sa correspondance commerciale entre 1923 et 1940
Introduction
Ce blog s'inscrit dans une démarche "cartophilatélique", pour utiliser ce terme, ayant pour objet de décrire la façon dont le grand magasin parisien "la Samaritaine" a utilisé massivement pour sa correspondance commerciale des "cartes postales illustrées pré imprimées" entre 1923 et 1940. Le sujet est vaste et complexe à traiter, les informations sur cette pratique "commercialo-postale" sont rares ou peu disponibles, c’est donc en toute modestie que ce sujet sera abordé avec les éléments que nous possédons et les recherches effectuées sur le net. Bien sûr des erreurs ou pour le moins des omissions pourraient être relevées dans cet article. Nous restons bien entendu preneurs d’informations ou corrections afin de rectifier à tout moment les affirmations ou les hypothèses avancées sur le sujet traité. Cet article ne recèle pas de "scoop", ni de pièces rares, tous les documents présentés sont, à l’exception de quelques-uns, relativement faciles à se procurer sur les sites de vente. Il faut le lire plutôt comme un catalogue inventoriant les cartes postales illustrées pré imprimées et leur affranchissement que La Samaritaine a adressé à sa clientèle durant cette période "d’entre les deux guerres".
A : La carte postale illustrée destinée à la
correspondance commerciale
1 : Comment se
présentait ces cartes postales illustrées destinées à la correspondance commerciale de ce grand magasin
Il faut distinguer, dans ces correspondances commerciales adressées à leur clientèle par La Samaritaine, les cartes postales illustrées pré imprimées (CPI PI : figure 1) des cartes postales ordinaires (CPO : figure 2) sans illustration au verso remplacée par un texte imprimé et/ou manuscrit alors que sur le recto est indiqué l'adresse du destinataire ainsi que les coordonnées de l'expéditeur. Ces CPO ont été affranchies à des tarifs différents de ceux appliqués au CPI entre juillet 1922 et juillet 1925 puis par la suite de façon identique. Ces CPO, peu conservées par les destinataires contrairement aux CPI PI, semblent aujourd'hui peu courantes et par conséquent difficile de quantifier leur usage sur cette période de 1923 à 1940 mais certainement très inférieur aux cartes illustrées.
2 : Plusieurs facteurs ont dû inciter
des établissements comme La Samaritaine à utiliser ces CPI PI dans leur
correspondance commerciale.
Au début des années 20, la modification des tarifs postaux a eu pour effet d’accentuer l'écart tarifaire entre la lettre simple et la "carte postale illustrée" (CPI). Cet écart a pu inciter La Samaritaine à réduire les envois de courriers tarifés en lettre simple pour les remplacer par des CPI pré imprimées affranchies à un tarif inférieur. En effet, entre le début des années 1900 et le début des années 1920, la différence de tarif pour l’affranchissement de ces deux supports, la lettre simple et la carte postale illustrée sans limitation de texte (CPI + 5 mots), ne dépassait pas les 5 centimes. Ce sont les nouveaux tarifs du 14 juillet 1922 (Loi du 30 juin 1922) qui ont notablement accentué cet écart de tarification, la lettre simple restant au tarif du 1er avril 1920 à 25 centimes alors que la CPI + 5 mots passait de 20 centimes à 10 centimes, soit à partir de cette date un écart de 15 centimes. Sans trop rentrer dans l’historique des tarifs postaux, cet écart de tarification entre ces deux supports, la lettre simple et la CPI + 5 perdurera en "naviguant" de plus 5 cts à plus 15 cts et même plus 20 cts avec le tarif du 17 novembre 1938 (décret ministériel du 12 novembre 1938). Si ce n’est pas la seule raison, l’utilisation massive de la CPI PI "boostée" par les ventes en forte progression sur ces premières décades du 20e siècle a donné à ce grand magasin parisien l’opportunité de réaliser une économie non négligeable sur les coûts d’affranchissement. Ces correspondances informant les acheteurs de la suite donnée à leur commande comme le délai de livraison ou la disponibilité du produit pouvaient alors dépasser en période de pointe le millier d’envois journaliers ; à raison d’un gain de 10/15 cts par courrier, la somme économisée était loin d’être négligeable.
Figure 2 : Photo montrant l’activité mécanographique et dactylographique à la Samaritaine dans les années 1930, activité générée en outre par l’importance de la correspondance commerciale à traiter chaque jour par ce grand magasin parisien.
Le second facteur déterminant a pu être celui du message publicitaire
"gratuit" pour la "Maison Ernest Cognacq" que ces
correspondances "ouvertes" pouvaient véhiculer auprès de sa
clientèle.
En plus de cette économie permise par les nouveaux tarifs postaux de
juillet 1922, cette correspondance "ouverte" sous la forme d’une CPI
a permis une forme de publicité "à bon compte" en montrant sur son
verso illustré une Samaritaine stylisée tout en couleurs animée par une
foultitude de véhicules et de chalands dont la destination ne pouvait être
que le magasin de la rue de
La Monnaie ; ou encore au début de l’année 1923, des monuments, quartiers ou
avenues de Paris, sans doute dans l’idée d’inciter la clientèle de province à
venir visiter la capitale sans omettre de passer par La Samaritaine pour y
effectuer des achats. Autant de choses qu’une CPO sans illustration au verso ou
de façon très réduite, le plus souvent non conservée par le destinataire, ne
pouvait permettre. Il est indéniable que cette "stratégie publicitaire"
portée par la multitude de cartes illustrées expédiées aux quatre coins de la
France par La Samaritaine n’a pu être que profitable à ce grand magasin
parisien.
Un troisième élément pourrait être retenu pour expliquer ce passage de la lettre à la CPI PI au début des années 20. Il pourrait tout simplement s’agir de la commodité à remplir, affranchir et expédier ce type de correspondance commerciale destinée à informer en quelques mots les acheteurs sur le traitement de leur commande. En effet, pas d’enveloppe à manipuler dans laquelle il fallait glisser en le pliant un document comportant un texte imprimé pré rédigé à compléter le plus souvent de façon manuscrite avant de fermer l'enveloppe en collant le rabat et même si l’utilisation de cette dernière restera la norme entre autres pour l’expédition de facture ou d’échantillon. Il est fort probable que cette manipulation plus simple et plus rapide de ces CPI PI n’a pu qu’inciter La Samaritaine à privilégier ce support.
3 : Les cartes postales pré imprimées utilisées par La Samaritaine pour sa correspondance commerciale
3.1 : Les illustrations parisiennes
La quasi-totalité de ces illustrations "parisiennes" sont
en fait des "repiquages" de documents achetés aux éditons Jean Hauser
(J.H.). Ces cartes, dont la
Samaritaine n’avait pas l’exclusivité contrairement aux documents de la série
suivante, étaient tout simplement complétées par un texte imprimé sur la partie
réservée à la correspondance (le recto), sans en modifier l’illustration
(le verso). Ces CPI "J.H."
se rencontrent régulièrement sans le
texte commercial imprimé sur le recto dans "les
boites de chaussures" des marchands de cartes anciennes.
Figure 3 : illustrations avec les monuments, parcs et rues de Paris ou encore "les petits métiers de Paris" de l’Editeur Jean Hauser Paris, complétées par un texte imprimé sur le recto de la carte (voir figure 1 et 5)
Le montage ci-dessus n’est pas exhaustif. Ces cartes, utilisées par La Samaritaine uniquement durant l’année 1923 (meilleure date : 16 février 1923), sont peu courantes sur le "marché" de la carte postale ancienne. Elles portent le plus souvent au recto un numéro, pour nous du 1 au 18, surement améliorable. Cette numérotation, sans rapport avec celle de l’éditeur Jean Hauser qui apparait au verso avant la légende, se rapporte à un texte pré imprimé portant une information commerciale spécifique au numéro indiqué (voir ci-dessous figure 6), il est adossé à une illustration coté verso propre au texte commercial du recto. Ces cartes méritent surement d’être "mises de côté" si vous les rencontrez.
3.2 : Les cartes pré imprimées de La Samaritaine illustrées par "une vue générale des magasins"
La série suivante qui apparait dès le premier mois de 1923 montre une vue générale du grand magasin rue de La Monnaie puis plus tard vers 1928 un graphisme "élargi" intégrant la rue du Pont Neuf. Cette série, contrairement aux cartes des éditions Hauser, est une production de la Samaritaine qui en a par conséquent l’exclusivité pour son utilisation et sa distribution. Ces cartes ont été traitées par l’imprimeur Henry Mayer de Paris. Le verso ne fait que reprendre "en le coloriant" le graphique déjà existant du début des années 1900 montrant le grand magasin rue de La Monnaie, graphisme utilisé en particulier sur les lettres et divers documents commerciaux comme celui montré ci-dessous (figure 3 : facture de 1914 avec le "logo" Samaritaine).
Figure 4 : En-tête
de facture de 1914 avec à droite le "logo" Samaritaine apparu au tout
début du 20ème siècle et conservé pour illustrer le verso des CPI PI.
Ces CPI PI, utilisées dès le début de l’année 1923 ne seront jamais remplacées durant la période "d’entre les deux guerres". Les plus anciennes sont sans vignette détachable, cette dernière n’apparait en haut et à gauche coté recto qu’en toute fin de l'année 23. Cette vignette est numérotée de 1 à 57 avec semble-t-il des manques dans cette série comme le 9 ou le 17 ou encore toute la dizaine 31/40, ces numéros restent bien sûr à découvrir. La plus utilisée de ces différents modèles de cartes dans la période 1923/1940 est indéniablement celle avec la rue de La Monnaie en couleur avec vignette détachable et numéro imprimée.
4 : Les textes
pré imprimés dans la partie correspondance de la carte postale illustrée
Les
textes pré imprimés dans la partie correspondance de la CPI ont fait l’objet de
nombreuses modifications tout au long de leur utilisation. Le plus souvent ces
textes informaient simplement les acheteurs de l’état d’avancement de leur
commande ou en accusaient la réception ou encore indiquait un retard dans la
livraison entre autres pour rupture de stock mais pouvait aussi notifier au
destinataire la prise en compte par la Samaritaine d’une réclamation et de la
suite qu’il y sera donnée. Comme précisé plus avant, tous ces textes différents
ont été numérotés de 0 à 57, logiquement pour en faciliter la recherche par le
rédacteur du document qui devait dans des casiers prévus à cet effet "dénicher" la bonne carte à adresser au destinataire, destinataire qui le plus souvent
avait "passé commande" quelques jours avant en utilisant un bordereau
d’achat imprimé dans un catalogue de vente.
Il
parait évident que ces CPI PI ont dû largement participer à alléger la charge
de travail assignée au service correspondance de ce grand magasin parisien,
service qui mobilisait de nombreux personnels pour traiter les innombrables
courriers que devait poster chaque jour La Samaritaine.
En
1923 les interlignes étaient complétées de façon manuscrite à la plume, voire au
crayon. A la toute fin des années 20 ce texte est rédigé le plus souvent en
dactylographie comme le montre la figure 2 avec ces nombreuses dactylos devant leur
"machine à écrire". Pour certaines réponses, ce sont des tampons
encreurs qui ont été utilisés pour compléter les réponses pré imprimées,
toujours dans le but de rationaliser le travail du "service
correspondance" ou pour le moins d’en accélérer la rédaction. Rappelons
que ce sont des centaines de correspondances de ce type que La
Samaritaine expédiait chaque jour à ses clients.
B :
L’affranchissement des cartes postales illustrées pré imprimées par timbre
mobile
L’affranchissement avant expédition de ces
correspondances commerciales constituait à lui seul une charge de travail
conséquente pour cette entreprise de vente par correspondance. La simple
nécessité de s’assurer que la taxe d’affranchissement était la bonne au regard
des tarifs postaux de l’époque comme ceux appliqués à la lettre simple ou
double ou encore à la CPI, aux envois d'échantillons, voire aux imprimés, réclamait
à elle seule une vrai attention de la part du personnel chargé de cette
mission. Pour organiser au mieux ce service, la Samaritaine s’est équipée d’un
matériel d’automatisation de l’affranchissement alors disponible dans les
années 20 pour ces entreprises de vente traitant une importante correspondance.
Il s’agit très probablement de la machine à affranchir de type "Poko"
(Portokontroll Kasse Poko) entraînée par un moteur électrique capable de
traiter plusieurs milliers de courriers à l’heure ou possiblement une machine
portative manœuvrée manuellement mais d’un rendement faible de type
"Multipost". Pour plus d’information sur ces machines à
affranchir, voir ce blog "incontournable" sur l’utilisation des
timbres de roulette en France (1). Bien entendu le collage manuel du timbre sur
l’enveloppe après passage sur une éponge humidifiée restera une pratique
courante durant toute cette période qui dans ce cas passe plutôt par
l’utilisation de timbre de feuille. On ne peut exclure que cette pratique du "timbre
collé manuellement sur la carte" devait aussi passer par l’utilisation de
"timbre en rouleau". La disposition de la figurine sur la carte
disposée avec un biais prononcé alors que les "poko" collaient le
timbre le plus souvent perpendiculairement aux bords de la CPI atteste surement
de cette pratique, pratique confortée par l'absence de "massicotage"
horizontal mais présent verticalement.
1 : Les affranchissements au tarif à 10 cts de la période : 14 juillet 1922 au 24 mars1924 (Loi du 30-03-1922)
Les
premières cartes postales illustrées pré imprimées ont été affranchies au
tarif du 14 juillet 1922 de la carte postale illustrée sans limitation de texte
(CPI + 5 mots) par le timbre à 10 centimes rouge de la semeuse 138 type 1A
(figure 1), timbre imprimé à plat et vendu par feuille de 150 figurines (3
clichés de 50 figurines).
Figure 1 : Tout début de l’utilisation de CPI pré imprimée par La Samaritaine avec son affranchissement à 10 cts par la semeuse 138 au type 1A oblitéré le 9 février 1923
Lors des toutes premières utilisations par La Samaritaine de ces CPI PI, le timbre était collé sur le côté verso de la carte. Ces affranchissements "coté vue" ne s’observent qu’au tout début de l’emploi des CPI PI (meilleure date : 17 janvier 23), ils disparaitront quelques semaines plus tard, l’affranchissement côté recto se rencontrant dès le mois de mars 1923 comme le montre la carte ci-dessous (figure 2). Rappelons que ce "type de timbrage" était encore accepté par la réglementation postale qui ne faisait que recommander l’affranchissement au recto sans pour autant taxer ces correspondances lorsque le timbre était apposé au verso (Ar. minist. du 31 juillet 1906 - instruction n° 610 de sept. 06)
Figure 2 : affranchissement le 3 avril 1923 par un timbre 10 cts rouge semeuse (138) aux dents horizontales et verticales coupées mécaniquement issu d’une roulette privée
Sur cet affranchissement au recto (figure 2) par un 10 cts rouge semeuse (138) aux dents verticales et horizontales coupées mécaniquement (massicotées), la Samaritaine a utilisé contrairement à la carte précédente (figure1) un timbre issu très probablement d’une roulette "privée". Rappelons que des rouleaux de timbres étaient confectionnés et vendus par les distributeurs de machines à affranchir le courrier à partir de feuilles de vente de 150 figurines montées en trois clichés types de 50 timbres de 2 fois 25 figurines séparés par un pont inter panneau, clichés de 50 eux-mêmes séparés par 3 ponts inter galvanos. Par conséquent, l’utilisation de ces feuilles génère lors de la fabrication des bandes verticales un collage (pointure) tous les 5 timbres alors que pour les roulettes fabriquées par la Poste à partir de feuille de 150 spécifiques aux roulettes sans pont inter galvano, ce collage n’apparait que tous les 15 timbres et donc logiquement plus rare sur document. Cette pratique du "rouleau privé" a été mise en œuvre par des sociétés commercialisant ces machines à affranchir pour en faciliter la vente aux établissements traitant une importante correspondance, ce substituant ainsi à la Poste qui ne proposait plus sur cette période de roulettes "officielles" à 10 cts. Pour plus d’information sur l’utilisation des timbres de roulette, voir blog "JLR" (1)
Figure 3 : carte affranchie par un 10 cts vert semeuse (158) aux dents verticales et horizontales coupées mécaniquement
Comme pour le 10 cts rouge (138), ce 10 cts vert (158) était présenté en rouleau confectionné à partir de feuilles de vente de 150 figurines composées de 3 clichés de 50 figurines avec ponts inter-galvanos et par conséquent avec une pointure (raboutage) tous les 5 timbres. Cette dernière se rencontre assez régulièrement sur ces CPI PI de La Samaritaine (figure 4). A ce sujet, l’existence de roulettes "officielles" à ce type 1A, fabriquées et vendues par la Poste, a longtemps été considérée par les philatélistes comme très peu probable. Cette affirmation est aujourd’hui remise en cause par des découvertes récentes développées sur ce blog (1). Nous pensons néanmoins que ces nombreux timbres aux dents massicotées rencontrés sur ces CPI PI sont très probablement issus de rouleaux privés. Ce constat repose, entre autres, sur l’absence de case de galvano de service spécifique aux roulettes officielles. Bien entendu la découverte d’une de ces cases infirmerait cette hypothèse, même si cela reste peu probable au regard des nombreux documents déjà examinés.
Comme
pour le Bon Marché, le type 1A issu de feuille utilisée telle quelle sans
avoir été montée en roulette "privée" semble beaucoup plus
rare sur ces CPI PI de La Samaritaine que les timbres provenant de rouleaux
privés. Cela montre surement la capacité des distributeurs de machine à
affranchir à produire en nombre ces rouleaux. Ces derniers devaient être, de
toute évidence, une condition essentielle pour vendre leurs produits sur cette
période de fin 1916 (retrait de la vente du 10 cts rouge semeuse 138) à juin
1923 (mise en vente du 10 cts vert Pasteur 170), laps de temps durant lequel La Poste ne proposait pas de
timbres de roulette à 10 cts. Sauf à considérer bien entendu que le 10 cts vert
semeuse en roulette à plat ait pu être proposé à la vente sur la période de
juillet 22 à décembre 24, mais c’est un autre sujet (1)…
Il pourrait être aussi envisagé la possibilité d’une fabrication en interne de ces rouleaux mais sans trouver pour autant d’élément allant dans ce sens pour ce grand magasin parisien, même si cela reste plausible comme pour comme le Bon Marché et surement bien d’autres établissements.
Figure
4 : carte affranchie par une semeuse 10 cts vert (158) issue de rouleaux
privés avec pointure (raccord par collage entre 2 bandes de 5 timbres).
Un autre type de timbre que le 10 cts semeuse vert 1A a été utilisé sur ces cartes par La Samaritaine. Il s’agit du 1B (159A), première émission française imprimée par rotative et vendue en feuille de 100 figurines en mars 1922. Pas de roulette "publique" vendue par la Poste ni même "privée" pour ce 1B. Cette dernière a semble-t-il toujours été confectionnée à partir de feuille de 150 figurines au type 1A. On peut s’interroger sur la non confection de roulette privée avec ces feuilles de 100 timbres au type 1B présentées en 2 "blocs" verticaux de 50 figurines sans ponts inter galvanos. Cette présentation en aurait facilité la fabrication avec une pointure seulement tous les 10 timbres. La raison : peut-être trop de roulettes "privées" confectionnées avec le type 1A en stock chez les distributeurs de "Poko" mais plus surement la mise en vente du 10 cts Pasteur vert en roulette rotative au type 1 vendue par la Poste dès 1923 qui aura logiquement stoppé la fabrication des roulettes "privées".
Figure 5 : CPI pré imprimée affranchie par timbre 10 cts semeuse vert au type 1B en novembre 1923. Ce dernier a été émis début 1922 et retiré de la vente en toute fin d’année 23.
Plus
tardivement nous avons rencontré le type III (159 C), émis dès la mi 23 et retiré
de la vente en 26, mais une seule fois et en paire en juillet 25 sur un
affranchissement à 20 cts, timbres étonnamment collés du coté verso de la carte (figure 9).
Un timbre au type Pasteur (170), le 10 cts vert au type I issu sur cette figure 6 d'une roulette de la Poste de 1200 figurines, roulette utilisée conjointement avec le timbre des feuilles de vente de 100 au même type, présentation propre à l’impression rotative. Le massicotage sur les quatre côtés du timbre révèle qu’il a été collé sur la carte par une machine à affranchir de type "Poko", machine qui avait le plus souvent la particularité de disposer le timbre perpendiculairement au bord de la carte, en haut à droite et en coupant mécaniquement les dents horizontales. Les timbres collés en biais sont à contrario le plus souvent collés manuellement, voire avec une machine de type "Multipost" manœuvrée par une pression manuelle sur un "poussoir" (voir blog 1) ; les dents horizontales sont alors coupées mécaniquement comme avec une "Poko". Cette roulette utilisée par La Samaritaine début 24 (meilleure date : 13 février 24) a dû signer pour ce grand magasin la fin de l’utilisation du 10 cts vert semeuse présenté en rouleaux privés, pour le moins nous n’en avons pas rencontré après cette date.
Figure 6 : 10 cts Pasteur (170) de roulette au 4 cotés massicotés collé perpendiculairement aux bords de la carte très probablement par une machine à affranchir.
Le 10 cts vert Pasteur se rencontre aussi "en feuille", cette présentation semble avoir été utilisée avant les timbres de roulette.
Figure 7 : Carte affranchie par un 10 cts Pasteur (170) issu d’une feuille de 100
figurines en septembre 1923
Cette utilisation de timbres issus pour l’un de feuille et pour l’autre de roulette affranchissant à la même date du 13 février 23 ces 2 cartes (figure 8) montrent que La Samaritaine pouvait le même jour utiliser deux présentations différentes pour ce timbre. Le massicotage vertical mais pas horizontal pour le timbre de roulette (carte du bas) pourrait signifier que ce dernier n’est pas passé par une "Poko" ou un(e) "Multipost" et aurait été collé manuellement sur la carte, la position de la figurine sur cette dernière confortant cette hypothèse. Cette probable utilisation de timbres présentés en roulette mais débitée manuellement ou avec dérouleur est aussi envisagée pour des cartes du Bon Marché.
Figure 8 : Cartes oblitérées le même jour (13 février 1924) avec en haut un 10 cts Pasteur (170) de feuille et en bas de roulette, montrant ainsi que La Samaritaine pouvait utiliser deux présentations (feuille et roulette) différentes le même jour.
Ces deux cartes (figure 9 et 10) oblitérées du même jour sont toutes les deux affranchies par des 10 cts Pasteur (170) issus d’une roulette de La Poste. Ces deux timbres présentent une forte similitude dans la découpe mécanique des dents verticales comme horizontales. Pourrait-on en déduire que ces timbres sont issus du même rouleau de 1200 figurines et passés par la même machine à affranchir ? Surement possible puisque oblitérés tous les deux le 28 février 1924 mais avec Fliers double cercles différentes : "Jeux olympiques..." de Paris Départ et "Poste aérienne... " de Paris RP Départ. L’utilisation de deux Flier différentes, le même jour à la même heure à 30 minutes près, conforterait l’idée de dépôts conséquents de CPI PI par La Samaritaine à la Recette Principale de la rue du Louvre. Difficile aujourd’hui d’en estimer le nombre exact mais plusieurs centaines devaient probablement être la norme...
Figure 10 et 11 : 10 cts Pasteur possiblement issus du même rouleau de 1200 figurines avec passage par la même machine à affranchir...
Sur cette période du 14 juillet 1922 au 24 mars 1924 avec tarif à 10 cts pour les CPI, nous n’avons pas noté d’utilisation de figurine autre que le 10 cts rouge et vert des semeuses camées (138 et 159) et le 10 cts vert Pasteur (170). Contrairement au Bon Marché, La Samaritaine n’a pas utilisé le 5 cts orange semeuse de feuille (158 type I) ou de roulette rotative (158 II B) en paire, jusqu'à nouvelle découverte...
2 : Les affranchissements au tarif à
15 cts de la période : 25 mars 1924 au 15 juillet 1925 (Loi du 22-03-1924)
Sur cette période d’affranchissement, seulement deux timbres à 15 cts (figures 12 et 13) ont été utilisés par La Samaritaine sur ces supports : le 15 cts semeuse lignée (130) et le 15 cts Pasteur (171), soit en feuille, soit en roulette "officielle" de la Poste. C’est bien entendu le mythique 15 cts semeuse ligné vert au type VI de roulette rotative qui a attiré l’attention des philatélistes qui recherchaient ce timbre longtemps considéré comme rare. C’est en fait le développement de la cartophilie qui, en faisant "sortir des greniers" pour le moins des dizaines de milliers de cartes de "grands magasins parisiens" comme La Samaritaine ou Le Bon Marché, aura permis de constater que ce timbre de roulette tant recherché jusque dans les années 70 était loin d’être rare sur ces CPI PI. La Samaritaine l’a surtout utilisé sur ce support entre mars 1924 (première date observée : 29 mars 24) et les tout derniers jours de cette même année (dernière date observée : 31 décembre 24), type VI retiré de la vente fin 24. Ce dernier a été conjointement utilisé avec le type IV de feuille retiré de la vente, comme le type VI, en décembre 24. Ce timbre de feuilles de 150 figurines imprimées à plat a été vendu également en roulette mais retiré de la vente en 1920 et par conséquent n’était plus disponible sur cette période d’affranchissement des CPI à 15 cts.
Contrairement au Bon Marché, les types VI de roulette que nous avons observés sur les CPI PI de La Samaritaine ont été très majoritairement collés par une machine à affranchir, le massicotage horizontal étant pour ces timbres quasiment toujours visible.
Figure 13 : carte de droite affranchie avec le 15 cts semeuse lignée au type VI de roulette, les flèches rouges montrent les caractéristiques de ce type VI imprimé par presse rotative et vendu par la poste en rouleau de 600 et 1200 timbres entre juillet 23 et décembre 24
Figure 12 : carte de gauche affranchie avec le 15 cts semeuse lignée au type IV de feuilles de 150 figurines imprimées à plat vendu entre juillet 04 et décembre 24. Les flèches rouges montrent les caractéristiques de ce type IV ; ce timbre de feuille a été co-utilisé avec le type VI de de roulette.
Principaux critères de différentiations entre type IV et type VI
Flèche 1 : absence d’ombre sous le
R de république sur le type IV, présence sur le type VI
Flèche 2 : présence ou pas de trait "parasite" dans le bonnet pour le type IV, absence dans le type VI (critère inconstant pour le type IV)
Flèche
3 : 5 hachures dans la bras pour le type IV, 4 pour le type VI
Flèche
4 : 9e rayon du soleil
sans brisure pour le type VI, brisé pour
le type IV
Flèche
5 : dents verticales « effilochées » pour le type IV, coupées
mécaniquement pour le type VI
Le deuxième timbre rencontré sur ce
support est le 15 cts Pasteur, au même type pour la présentation en feuilles de
100 figurines des impressions par presse rotative que pour celle des roulettes (figures 14 et 15) ;
en considérant que la seule façon de les différencier est l’absence de
massicotage pour les timbres issus des feuilles mais présence pour les timbres
issus des roulettes. Rappelons que pour certains documents cette règle peut être
faillible, en particulier lorsque la machine à affranchir présente des couteaux
désaffutés qui arrachent les dents horizontales plus qu’ils ne les découpent.
Reste malgré tout, pour en discriminer l’origine, la présence des dents
verticales coupées mécaniquement lors de la confection des rouleaux par La
Poste, découpe en général bien visibles sur les roulettes issues de l'impression par presse rotative, ce qui n’est pas toujours le cas, loin s’en
faut, pour les timbres de roulette issus de l’impression à plat.
Ce
Pasteur a chronologiquement remplacé le 15 cts semeuse lignée sans observation
de tuilage. Ces deux présentations, feuille et roulette ont été utilisées
conjointement. La première date observée pour les timbres en rouleau est le 14
janvier 25 et logiquement jusqu’à la fin de ce tarif à 15 cts puisque ce timbre
a été retiré de la vente en décembre 26.
Comme pour d’autres timbres de roulette
utilisée par La Samaritaine, ce Pasteur "massicoté" se rencontre plus
souvent sur ces CPI PI que celui de feuille aux
dents "effilochées".
Figure 14 : carte de droite affranchie par un 15 cts Pasteur vert avec massicotage vertical et horizontal qui atteste qu’il s’agit d’un timbre issu de roulette, timbre très certainement apposé sur la carte par une machine à affranchir de type "Poko".
Nous n’avons pas observé d’affranchissement composé sur cette période. La Samaritaine devait, comme souvent pour ces établissements expédiant des centaines de plis chaque jour, privilégier le "seul sur lettre" avec utilisation autant que possible de leur machine à affranchir.
3 : Les affranchissements au tarif à 20 cts de la période : 16 juillet 1925 au 30 avril 1926 (Loi du 13-07-1925) …
Le timbre le plus couramment utilisé sur cette période est sans
contexte le type IV de roulette rotative vendue en rouleau de 1200
figurines ; plus accessoirement le
20 cts semeuse brun rouge au type III vendu en feuille de 100 également issue de
l’impression rotative. Des feuilles de 100 au type IV destinées à la confection
des roulettes ont été vendues "telles
quelles" fin 25, nous n’avons pas encore rencontré cette "présentation" sur les CPI de la Samaritaine ;
ce type IV se présenterait alors sans découpe mécanique des dents verticales
(timbres séparés manuellement de la feuille de 100 destinée à la confection des
rouleaux).
Carte
de gauche : affranchissement par le 20 cts semeuse brun rouge (139 type
III) issu de feuille de vente de 100 imprimée par presse rotative. L’absence de
dents coupées mécaniquement permet de le discriminer du Type IV, du moins quand
ce dernier n’est pas issu de feuilles destinées au montage des roulettes (voir
texte ci-dessus). Auquel cas, c’est le critère C2 (absence de point parasite
dans le pan de la robe) qui seul permettra de différencier le type III du type
IV.
Mais aussi
Timbres au type Blanc (111 type IIA) issus de feuille de 100 figurines imprimée par presse rotative mise en vente début 25, timbres annulés le 16 juillet 25 premier jour du tarif à 20 cts
Ou encore
Cette paire du 10 cts vert semeuse (159) au type III issue de
l’impression rotative vendue en feuille de 100 figurines. Ces timbres, annulés
par une "Flier"
le 30 juillet 25, soit une quinzaine de jours après le changement de tarif,
montre comme l’affranchissement précédent avec les types Blanc, la probable
difficulté à se procurer auprès des bureaux de poste des 20 cts semeuse (139).
Cette "difficulté d’approvisionnement" se retrouve également sur cette même période
de juillet/août 25 sur les affranchissements des CPI
du Bon Marché. Il est tout à fait envisageable qu’une "rupture" des valeurs
à 20 cts ait pu être provoquée par une consommation importante sur cette
période estivale de la semeuse 139 utilisée par les particuliers à
l’affranchissement des cartes postales illustrées, période durant laquelle ce
type de correspondance restait encore "un incontournable" des
vacances.
Affranchissement
en multiple avec le 10 cts vert semeuse (159) au type III annulé le 30 juillet
25, timbres étonnamment collés sur le verso de la carte, pratique abandonnée
depuis début 1923 par ce grand magasin parisien et rarement observé par la
suite.
4 : Les affranchissements au tarif à 30 cts de la période : 1er Mai 1926 au 8 août 1926 (Loi du 29 avril 1926)
Cette période se caractérise par sa courte durée de "tout juste 100 jours", ce qui a eu logiquement pour effet de rendre les affranchissements sur CPI PI à ce tarif peu courant. Par ailleurs, nous n’avons que très peu observé sur ces cartes le 30 cts bleu semeuse présenté en feuille de 100 figurines de l’impression rotative (192 IIA), La Samaritaine ayant semble-t-il, plus que pour d’autres timbres, privilégié le type de roulette (192 IIC) au type de feuille. Quant au type de carnet (192 IIB), il ne se rencontre pas sur ce support, sauf bien sûr nouvelle découverte, mais comme pour le Bon Marché, ces "présentations" n’étaient que rarement utilisées par ces grands magasins parisiens.
Comme pour le 20 cts semeuse brun (139 T IV) des feuilles de 100 au type IIB destinées à la confection des roulettes ont été vendues "telles quelles" en 1926. Ce type IIB se présenterait alors sur document sans la découpe mécanique des dents verticales (timbres séparés manuellement de la feuille de 100 destinée à la confection des rouleaux). Nous n’avons pas encore rencontré cette "présentation" sur les CPI de la Samaritaine.
Affranchissement
par le 30 cts semeuse bleu (192 type IIC) du 2/07/26 issu de roulette imprimé
par rotative, les flèches montrent les caractéristiques du type IIC en
particulier "l’absence de la deuxième hachure dans le pied avant" (3)
et dents verticales massicotées (3), en revanche la courbure supérieure du S de
Française (2) se retrouve à l’identique sur le type IIA et IIC
5 : Les
affranchissements au tarif à 40 cts de la période : 9 août 1926 au 11 juillet
1937 (Loi du 03/08/1926 et suivantes– Dt. 05/08/1926 et suivants)
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